A Baroud et à toutes les âmes incomprises

Publié le par Arc-en-ciel

Dans ce billet, je voulais parler d'une rencontre intéressante qui a eu lieu il y a déjà plus de 15 jours à la médiathèque. Mais c'est seulement hier soir que je l'ai, enfin, écrit mais pas publié car il me semblait non achevé. Je l'avais intitulé "Apprendre les dessous d'un film d'animation". Aujourd'hui, j'ai appris une nouvelle tragique et le puzzle des ses derniers jours a été assemblé.

Ses deux semaines ont été dures pour moi sur le plan émotionnel. Juste après la rencontre avec le réalisateur du film d'animation dont je parlerai plus bas, je suis allée avec Prince au cinéma voir "La nuit au musée 3". A la fin du film j'ai été prise d'émotion à la vue de l'hommage à Robin Williams qui disait que pour lui la magie est éternelle.

Au début de la semaine dernière, j'ai parlé du jeu d'échecs à ma copine et elle m'a conseillé de lire le roman de Vladimir Nabokov "La défense de Loujine". Je lisais le roman avec beaucoup de plaisir car la langue de cet écrivain est très singulière et émaillée de belles images. L'auteur s'intéresse à la psychologie d'un grand maître d'échecs et décrit la transformation de cette passion en folie, en perte de contacte avec la réalité qui le mène, finalement, au suicide.

Hier, j'ai fini de lire "La nuit de Lisbonne" d'Erich Maria Remarque. Une lecture très éprouvante émotionnellement pour une nature sensible comme moi. L'action se passe au début de la Seconde Guerre Mondiale. Il s'agit des errances d'un couple fuyant l'Allemagne nazie. A la fin du livre, la femme, atteinte d'un cancer, se donne la mort...

Depuis hier, je lis "1984" de George Orwell. Même si je le lis pour la première fois, le sujet ne m'est pas inconnu car, pour moi, c'est la version anglaise de "Nous autres" de Ievgueni Zamiatine que j'avais lu encore au lycée. Il s'agit d'un Etat totalitaire surveillé par Big Brother. Là, j'arrive au drame que j'ai appris aujourd'hui.

Il y a une semaine, une personne que mon mari connaissait très bien et moi un peu, a décidé aussi de partir comme tous les personnages cités plus haut. Il s'appelait Baroud et il était tétraplégique. Il vivait dans un foyer pour personnes handicapées. L'été dernier, mon mari l'a croisé en ville et, à son retour à la maison, m'a raconté leur conversation. Baroud avait dit que les berges de la Midouze rénovées et inaugurées en grande pompe sont désormais accessibles... C'était une personne calme qui ne s'entendait pas très bien avec sa famille parce que la dernière ne le comprenait pas. Il est facile de blesser une personne vulnérable. Il est difficile de se mettre à la place de l'autre. Mais le déclencheur de ce drame a été la nouvelle direction du foyer. Je le dis ici car les résidents et les employés du foyer s'en plaignent à l'extérieur mais ne peuvent rien faire pour changer la situation. Depuis plusieurs années déjà, la terreur et la discipline digne d'un camp de concentration ou d'un Etat totalitaire règne dans cet établissement prévu initialement pour "ACCUEILLIR" et donner une nouvelle maison aux personnes qui ne peuvent pas être autonomes, donner de l'amour, de la compassion, de la compréhension. Baroud, qui avait ses habitudes, n'a pas pu s'habituer à ce nouvel ordre et au mépris et l'indifférence de certaines personnes censées l'aider qui lui répondaient, par exemple à ses plaintes quand son fauteuil lui faisait mal, que c'est dans sa tête que ça se passait. Je veux qu'au moins quelques personnes qui lisent mon blog, le sachent, car la direction du foyer veut, bien sûr, dissimuler tous ces faits et la mairie de Mont de Marsan doit répondre de la sécurité des berges qui appellent au suicide ou aux accidents. J'imagine des enfants jouant à côté et ça me fait littéralement mal au cœur. Je n'ai même pas envie de chercher une photo de ces maudites berges pour illustrer ce billet.

En quittant le foyer, Baroud avait dit qu'il partait au cinéma...

Je pense qu'après tout ce qui se passe, je vais commencer à étudier la psychologie et l'occultisme parce que je voudrais comprendre pourquoi certains livres, choses etc arrivent tout d'un coup dans notre vie. Tout a un sens, rien n'arrive par hasard.

Après cette triste introduction, je vous laisse découvrir quelque chose qui peut aider beaucoup de gens à comprendre qu'il est important de communiquer. Parfois, on a du mal à dire des choses, parfois on en parle mais on n'est pas entendu... comme Baroud... J'espère que son âme a déjà quitté son corps qui l'emprisonnait pendant des décennies et qu'elle s'est élevée dans un monde beau et pur. Repose-toi en paix, Baroud!

Apprenez à écouter et à entendre!

Apprendre les dessous d'un film d'animation

Il y a deux semaines, Prince, en compagnie d'autres enfants, a rencontré à la médiathèque Jean-Charles Mbotti Malolo, le réalisateur du film "Le sens du toucher". Voici ce qu'il dit de son film: "A travers cette histoire d’amour, le film traite l’un des défis de toute relation humaine:

celui de communiquer, d’échanger, de comprendre l’autre, afin d’éviter
de le perdre. Les personnages malentendants vont être le vecteur parfait d’un
principe visuel ... à savoir traduire une conversation, des regards, tout un échange de gestes qui
peu à peu, sont transcendés en mouvements dansés. C’est précisément parce
que mes personnages sont sourds et qu’ils s’expriment dans la langue des signes,
avec des gestes, que je vais pouvoir théâtraliser leurs tentative de communication,
et rendre visible et palpable leurs échanges.
D’autre part je vais pouvoir exacerber le sens du toucher en montrant à l’image,
les vibrations qui passent à travers la matière. Des ondes se propagent quand les
doigts entrent en contact avec la surface des objets ou de la peau, car même s’ils
n’entendent pas, ils peuvent tout de même ressentir les vibrations du bruit." (source)

Les enfants ont appris comment ce film a été réalisé: de l'idée initiale au scénario et, ensuite, à sa réalisation avec toutes les étapes. Ils ont même pu voir et tenir le storyboard du film.

A Baroud et à toutes les âmes incomprises

Merci à Jean-Charles Mbotti Malolo d'avoir montré les ficelles de son métier aux enfants et merci à la Médiathèque de Marsan d'avoir organisé cette rencontre inoubliable!

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